Travaux acrobatiques : un métier à la hauteur

12 octobre 2017

Travaux acrobatiques :  un métier à la hauteur

Le Grand Palais, la Fondation Vuitton, le Sacré-Coeur… Mais aussi gares et bureaux, Olivier Desnous a été amené à gravir de nombreux édifices. En effet, depuis 17 ans, il dirige la société Sky Scrapper, spécialisée dans le nettoyage et les travaux acrobatiques. Rencontre.

 

Comment en êtes-vous arrivé à lancer une entreprise de nettoyage et de travaux acrobatiques ?

OD : Dans les années 80, je travaillais dans une entreprise de nettoyage qui utilisait les techniques de cordes. Après avoir gravi les échelons, en 2001, j’ai décidé de créer ma propre entreprise de nettoyage. Chemin faisant, nous avons développé notre offre sur la maintenance des bâtiments, du changement de vitrage à la rénovation de joints, en passant par l’étanchéité, la peinture, la maçonnerie ou les filets anti-volatiles. Aujourd’hui, le panel est large. Et j’en oublie parce que l’on nous demande sans cesse des prestations inédites.

 

Votre particularité consiste à vous adapter à toutes les demandes, même les plus complexes ?

OD : Notre métier n’a pas de codes NAF particuliers, parce que nous amenons un moyen d’accès. Mais une fois sur l’objectif, nous ne savons pas toujours faire le métier particulier. Nous mettons alors au point une délégation de compétence : un technicien nous explique le métier et nous le réalisons.

 

Parvenez-vous toujours à accéder aux endroits souhaités ?

OD : Jusqu’à présent, en 17 ans d’activité, nous n’avons jamais été bloqués. En revanche, les coûts sont parfois très conséquents.

 

Quelles sont les différentes compétences réunies au sein de votre entreprise ?

OD : Parmi nos vingt employés, nous comptons des gens très polyvalents et d’autres très spécialisés. Nous employons des maçons, des peintres, des laveurs de carreaux, des électriciens. La spécificité de notre maison c’est que nos collaborateurs sont d’abord issus d’un métier et ensuite formés à la hauteur par le biais d’organismes de formation spécialisés. Nous avons ainsi de bien meilleurs résultats.

“ C’est un peu comme une ouverture de voie. (…) ”

 

Sur quels édifices intervenez-vous ?

OD : Pour ne citer que Paris, nous avons travaillé sur le Sacré-Coeur pour des dépoussiérages avant la messe de minuit du jour de l’An. Nous avons également travaillé sur le Musée du Quai Branly, pendant la construction puis pour l’entretien : c’était un chantier très intéressant parce que nous étions les premiers à aller sur ce complexe de quatre bâtiments. C’est un peu comme une ouverture de voie : nous avons ainsi mis en place des points d’ancrage dans les zones non accessibles par des nacelles et défini les méthodes d’accès avec des engins élévateurs. Une fois définies, ces méthodes seront utilisées par tous les prestataires amenés à travailler sur le bâtiment.

Il est toujours intéressant d’être les premiers à aller sur un bâtiment, de définir un mode opératoire et de développer toutes les méthodologies pour accéder aux façades. À plusieurs reprises, nous sommes aussi intervenus sur le Grand Palais pendant la rénovation des différentes verrières. Puis nous avons eu l’occasion de laver toutes les poutres intérieures. C’était une belle aventure, avec de nombreuses contraintes à respecter. Et puis nous avons travaillé dans toutes les grandes gares de Paris, sans exception, pour de la maçonnerie notamment. Nous travaillons aussi sur des bâtiments haussmanniens et des immeubles de bureaux avec des façades vitrées.

 

Quelle est la prestation la plus complexe que vous ayez eu à effectuer à ce jour ?

 

OD : Sans hésitation, c’était la Fondation Louis Vuitton, avec ses grandes verrières qui recouvrent le bâtiment. Notre mission la plus importante consistait à les nettoyer dans leur partie intérieure à la fin des travaux. Or celle-ci est extrêmement technique puisque nous travaillons en dévers, c’est à dire avec une courbure inversée, et il faut vraiment avoir des équipes très pointues et bien formées parce que l’opération est très physique.

Le goût de la complexité

Olivier Desnous a créé, voici 17 ans, l’entreprise Sky Scrapper à Saint Germain-lès-Corbeil dans l’Essonne. Inventer une méthode d’intervention, trouver un nouveau système pour réaliser une tâche délicate : voilà des sujets qui reviennent régulièrement dans la conversation. Sa femme préside la société d’une vingtaine de personnes tandis que lui se concentre « sur le commerce et l’opérationnel ».

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