À quelle vitesse se déplace votre ascenseur ?

14 mai 2020

À quelle vitesse se déplace votre ascenseur ?

Avec de plus en plus de gratte-ciels immenses en Asie ou au Moyen-Orient, la vitesse des ascenseurs a connu au cours des dernières années, des évolutions remarquables. Pourtant, nous avons certainement atteint la limite de vitesse possible du moyen de transport principal des français.

 

Le moyen de transport principal des français

 

Avec 550 000 ascenseurs en activité en 2017, la France compte selon une estimation de la Fédération française des ascenseurs, 8 machines pour 1000 habitants. Ces ascenseurs assurent chaque jour 100 millions de trajets soit un total estimé de 1 million de kilomètres. Contre toute attente, ces statistiques font de l’ascenseur le moyen de transport principal des français devant la voiture, le train, l’avion ou encore le vélo.

 

Pourtant, la vitesse de déplacement d’un ascenseur n’a rien de comparable avec la vitesse des autres moyens de transports cités. La vélocité de l’ascenseur n’a cessé d’augmenter depuis sa création au milieu du XIXe siècle. Mais sa vitesse maximale ne dépasse pas, à ce jour, les 70 km/h contre 600 km/h pour le train par exemple. Ces ascenseurs ultra rapides sont installés dans les gratte-ciels les plus hauts de la planète comme la Shangaï Tower ou la Tapeï 101, qui montent et descendent respectivement à 65 et 60 km/h. En comparaison, la vitesse des ascenseurs des immeubles résidentiels en France se situe entre 3 et 9 km/h. La Tour Montparnasse quant à elle, dispose d’un ascenseur se déplaçant à 22 km/h.

 

Rouages et mécanismes responsables de la vitesse

 

Selon la hauteur de l’immeuble dans lequel il est installé, ou la vitesse à laquelle il doit se déplacer, un ascenseur peut disposer d’un fonctionnement bien spécifique pour mettre en mouvement la cabine. On distingue alors 2 types d’entraînement pour les ascenseurs :

 

  • La traction électrique, pour laquelle le groupe de traction est un treuil entraîné par un moteur électrique.
  • La traction hydraulique, pour laquelle le groupe de traction est une centrale hydraulique qui va gérer l’envoi d’huile hydraulique dans un piston.

 

Lorsqu’on évoque la traction électrique, on distingue de nouveau 2 moyens pour produire le mouvement de la cabine :

 

  • L’entraînement attelé : où un treuil entraîne un tambour d’enroulement où vont s’enrouler des câbles mécaniques qui suspendent l’habitacle. cette méthode est privilégiée pour la création d’ascenseur dans un immeuble existant.
  • L’entraînement par adhérence : où le treuil, par l’intermédiaire d’une poulie d’adhérence, entraîne des câbles mécaniques maintenus en tension. Cette méthode est quant à elle utilisée pour les ascenseurs à grande vitesse installés dans des immeubles hauts.

 

Pour la traction hydraulique, 2 moyens sont également utilisés pour générer le mouvement de la cabine :

 

  • L’entraînement direct : pour lequel un piston pousse l’habitacle pour le faire monter, et redescend sous la pression de celui-ci lorsqu’il se déplace en descente. Ce système est limité par le nombre d’étages à desservir, car une grande longueur de piston nécessite un génie civil très important.

 

  • L’entraînement indirect : pour lequel le piston pousse une poulie, laquelle va entraîner, de la même façon qu’en traction électrique à adhérence, des câbles mécaniques reliés à l’habitacle.

 

Adaptée à des courses et des vitesses plus modestes, cette technique favorise l’installation d’ascenseurs dans des espaces réduits et d’ascenseurs de charge de forte capacité.

 

Quelle est la vitesse idéale d’un ascenseur ?

 

Pour les ascensoristes, si les progrès technologiques semblent illimités, l’augmentation de la vitesse d’un ascenseur se frotte à une toute autre contrainte. En effet, la physiologie du corps humain impose de limiter la vitesse des ascenseurs. Une personne dans un ascenseur se déplace de haut en bas ou de bas en haut et non de manière horizontale, comme dans un train par exemple. De ce fait, le corps subit les variations de la pression atmosphérique lorsqu’il change d’altitude rapidement. Notamment les oreilles qui sont susceptibles de ressentir la même gêne voire la même douleur que lors de l’atterrissage ou le décollage d’un avion. De plus, comme dans le cas d’un voyage en avion où l’atterrissage met les oreilles à plus rude épreuve que le décollage, un ascenseur peut se permettre de monter plus rapidement qu’il ne descend. Une autre limite à la vitesse des ascenseurs est liée à son accélération. Si cette dernière est trop intense, le corps subit des G importants ce qui peut causer des pertes de connaissance. En moyenne, on estime qu’au-delà de 20 m par seconde, l’oreille interne, la vessie et les jambes des usagers sont en souffrance.

En somme, la vitesse d’un ascenseur est conditionné par la hauteur d’un immeuble. Plus la construction est haute, plus l’ascenseur peut être rapide. Néanmoins, de nos jours, et pour les raisons évoquées plus haut, la vitesse maximale d’un ascenseur se situe autour des 70 km/h. Pour ce type de bâtiment et pour lutter contre les variations de pression atmosphérique, les cabines sont même légèrement pressurisées.

 

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