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arler menuiserie chez Drieux-Combaluzier, c’est naturelle­

ment se tourner vers Jean-Noël Ricquebourg. Depuis 37

ans, il façonne et fabrique les cabines et leurs habillages…

Et même des placards ! Portrait d’un amoureux du travail bien fait

qui accueille avec plaisir clients – et apprentis - dans son atelier.

SOBRIÉTÉ ET DISCRÉTION

Pour autant, les bâtiments anciens n’ont pas été dénaturés et

l’intégration des ascenseurs, au final, est une réussite. Les deux

ascenseurs les plus visibles, et les plus empruntés par les ensei-

gnants et les étudiants, dans le Palais des Loges et dans le bâtiment

Perret, s’intègrent parfaitement, en toute sobriété et discrétion, dans

leurs emplacements respectifs. Les cabines et pylônes en acier gris

anthracite, dotés de parois en verre clair, apportent une élégante note

contemporaine et soulignent l’ancienneté des pierres et des boiseries.

Le bâtiment Perret même, qui souffre un peu du vieillissement de

C

hangement de pylône, gaine vitrée, respect de l’ancien

et souci du détail : un programme simple pour Drieux-

Combaluzier. Et au final, une rénovation hors pair dans

un immeuble haussmannien de l’avenue de New York, à Paris,

sur les quais de la Seine. Reportage.

C’est un immeuble haussmannien de cinq étages, situé à deux

pas du Trocadéro. Pour les copropriétaires, pas question de

remplacer “ vite fait, bien fait ” leur vieil ascenseur. Et pour

cause : l’immeuble du 19

e

siècle, à la façade en pierre taillée et

à l’escalier monumental, doit aussi son cachet à un appareil bien

plus que fonctionnel. Considéré comme un luxe ultime à l’époque

où il a vu le jour, l’ascenseur centenaire comporte une cage en

ferronnerie ancienne et une cabine menuisée en bois massif,

finement sculptée. Il devait être modernisé, en particulier pour

des raisons de sécurité : le vide situé en partie haute de la gaine

n’était pas protégé. Les copropriétaires, soucieux de préserver la

Rapidement, le menuisier se spécialise dans cette activité, prenant

plaisir à maîtriser les spécificités de ces appareils destinés, pour la

plupart, aux édifices haussmanniens.

MODERNISATION ET RÉNOVATION

Aujourd’hui, les clients qui commandent un ascenseur ont le choix

entre des modèles en chêne massif ou en bois rouge massif qui

habillent les nouvelles gammes Historique, Moderne et Bastille,

avec - bien sûr - la possibilité de concevoir sa cabine sur-mesure.

“ S’ils souhaitent une cabine vitrée par exemple, celle-ci doit être en

bois massif pour des questions de solidité et de stabilité. ” explique

l’artisan. Cependant, entre le remplacement et la modernisation, il

au bâtiment Chimay qui donne sur le quai Malaquais, et ouvertes au

public. Un cheminement assez long, sur des rampes diverses, attend

le visiteur en fauteuil roulant, qui doit traverser la salle des courriers

pour accéder à l’ascenseur. A contrario, le nouvel ascenseur du

bâtiment Perret a demandé moins de réflexions : il a trouvé place

naturellement dans une large cage d’escalier existante. Mais ô

surprise, le sous-sol n’a pas permis la pose d’un pylône classique…

“ Il a fallu créer une fosse suspendue, explique Alexandre Murienne,

Jean-Noël Ricquebourg envisage les contraintes comme des défis.

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placards ! Car la rénovation d’un ascenseur implique en général celle

de la cage d’escalier dans son ensemble. Il fabrique notamment des

pièces utiles au rattrapage de différences de niveaux : une barre de

seuil pour un sol qui n’est pas plan, une marche à la bonne hauteur…

HUMILITÉ OBLIGE

La coopération a été totale. Nos contraintes et exigences ont été

parfaitement respectées et assimilées. Nos interlocuteurs, chez

Drieux-Combaluzier, ont été 100% à l’écoute et très compétents. ”

École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris

SUITE ARTICLE EXPÉRIENCE CLIENT

“ Nos contraintes et exigences

ont été parfaitement respectées

et assimilées. ”

“ Travailler comme si le client

c’était moi. ”

COMPAGNON

Jean-Noël Ricquebourg :

la passion du bois.

BEAUX

ASCENSEURS

À immeuble d’exception,

ascenseur d’exception

C’est à la fin de sa formation en menuiserie que Jean-Noël Ricquebourg

a rejoint Drieux-Combaluzier. C’était en 1979. À l’époque, l’entreprise,

installée dans le 19

e

arrondissement de Paris, concevait deux cents

à trois cents ascenseurs par an : elle recherchait activement des

artisans pour répondre à une demande forte en cabines en bois

s’intégrant parfaitement dans les immeubles anciens de la capitale.

s’agit avant tout de rénover des cabines qui ne répondent plus aux

normes de sécurité actuelles et aux attentes d’aujourd’hui en matière

de confort. C’est ainsi que Jean-Noël Ricquebourg fabrique souvent

des portes battantes sur des modèles qu’on lui apporte endommagés.

Il façonne également des pièces de bois de remplacement : lames de

parquet, marches d’escalier, rampes, habillages divers. Et même des

ses maçonneries en béton des années 50, s’en retrouve rafraîchi et

modernisé. “ Les étudiants sont heureux maintenant, plaisante Marc

Farthouat, car il y a tout de même sept étages à gravir ! ” Les autres

ascenseurs de l’École ont trouvé place dans des recoins et fonds de

couloirs. “ Il fallait qu’ils soient cachés le mieux possible ”, explique

le directeur logistique.

UNE FOSSE SUSPENDUE

L’ascenseur le plus complexe à ajouter a été celui qui dessert les salles

d’exposition Foch et Melpomène, situées dans des annexes juxtaposées

c’est-à-dire mettre en place des poteaux IPN de soutien, afin de

répartir les charges de l’ascenseur. ” Cela n’a été qu’un des nombreux

aléas qui expliquent les longs délais de réalisation du projet. “ Mais

je suis extrêmement satisfait du résultat, ajoute Marc Farthouat.

Ce qui lui plaît dans son métier ? “ Il faut trouver une solution à

chaque problème posé, raconte-t-il dans un sourire, et fabriquer à

l’identique des pièces uniques en leur genre. Cela demande de la

réflexion avant de passer à l’action. ” Et une humilité sans égale, car la

qualité de son travail se reconnaît à la discrétion de son intervention :

tout remplacement ou réparation doit passer inaperçu. “ Chaque

pièce de bois que je rapporte doit avoir l’air ancienne et authentique,

explique-t-il. Je copie d’abord l’élément à changer, puis je lui donne

exactement la même teinte de vernis, en mélangeant moi-même

les couleurs dans mes préparations. Ses meilleurs souvenirs ? “ Ce

ne sont pas les chantiers les plus prestigieux, poursuit-il, mais

plutôt les clients qui se sont montrés sensibles à mon travail et

exigeants en qualité. J’aime répondre à des demandes spécifiques :

un toit d’une certaine forme, un panneau à la moulure particulière…

J’envisage les contraintes comme des défis à relever ! ” En 2017, le

menuisier accueillera une nouvelle apprentie. Ce qu’il aura envie

de lui transmettre en premier, c’est le goût du travail bien fini. “ La

menuiserie est un métier de patience et d’application, confie-t-il. Il

faut aimer soigner les détails. ” Dans le façonnage, par exemple, d’une

minuscule pièce de bois pour cacher une ferrure en sous-face d’une

rampe. “ Je dis toujours à mes apprentis : fabriquez chaque chose

comme si le client, c’était vous ! ajoute-t-il. Et ne terminez pas votre

travail tant que vous n’êtes pas pleinement satisfait du résultat. ”