Bruno Bertoli : “J’admire l’excellence du Siècle des Lumières”

12 juin 2018

Bruno Bertoli :  “J’admire l’excellence du Siècle des Lumières”

Au sein de son atelier d’ébénisterie d’art installé à Domazan dans le Gard, non loin d’Avignon, Bruno Bertoli nourrit depuis 42 ans la même passion immodérée pour les ouvrages de style en bois massif, uniques et originaux, qu’il s’agisse de portes, de boiseries ou de lambris. Grand admirateur du XVIIIe siècle français, il déplore que la mode actuelle soit au contemporain, mais veut croire que “les beaux savoir-faire d’art” ne vont pas tarder à retrouver leurs lettres de noblesse.

Vous êtes-vous spécialisé dès vos débuts dans les portes anciennes ?

BB : J’ai passé mon CAP en 1969 et je me suis installé en 1976, à l’âge de 24 ans. J’ai travaillé comme salarié mais le rêve de ma vie, c’était d’avoir mon petit atelier de menuisier. Je rêvais devant les portes cochères, les beaux monuments que nous ont laissés les anciens et la trace de leur passion. Dès que j’ai pu, je me suis orienté vers la fabrication de portes de style, d’entrée ou intérieures. Et puis, en tant qu’immigrés italiens tailleurs de pierre qui avaient fuit le régime mussolinien, il y avait la nécessité de travailler parce qu’on n’était pas une famille de fainéants et que notre dignité était à ce prix !

Votre inspiration est donc née de votre environnement ?

BB : J’aime le patrimoine, les cathédrales, les beaux hôtels particuliers des centres-villes aussi bien que l’architecture rurale, le style roman et le gothique. Tout ce qui est travail du bois et de la pierre, du fer, tout ce que l’on peut admirer de nos yeux me passionne. Comme Karl Lagerfeld, je pense que le XVIIIe siècle a marqué l’apogée du style et du savoir-faire à la Française : à cette époque, l’excellence dans tous les métiers, du bois, de la pierre, du fer et des autres matières a été atteinte. C’était vraiment le Siècle des Lumières.

Quels types de bois utilisez-vous ?

BB : Je suis un inconditionnel du travail du bois massif, dans sa nature. Et j’aime bien les bois de pays, les noyers de l’Isère, les chênes de Bourgogne, les châtaigniers du Dauphiné…

“(…) les noyers de l’Isère, les chênes de Bourgogne, les châtaigniers du Dauphiné…”

Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier ?

BB : Je suis rarement content de moi… Mais, voici une dizaine d’années, nous avons fait la superbe copie d’une porte cochère moulurée dans la masse et sculptée qui orne l’entrée de l’ancien couvent des jeunes filles répudiées à Avignon, qui date de 1710 : nous avons retrouvé à la bibliothèque municipale les documents d’époque qui ont servi à sa fabrication.

Vous arrive-t-il de travailler en région parisienne ?

BB : Paris et ailleurs ! En 42 ans, on a travaillé à Saint-Pétersbourg, à Moscou, en Italie, en Espagne, au Japon, en Australie, etc. On vient d’ailleurs de faire un devis pour 44 portes destinées à un projet aux États-Unis. Et à Paris, nous y sommes fréquemment, surtout pour des réalisations de style haussmannien, aussi bien en portes cochères et portes intérieures qu’en boiseries et lambris, avec de la belle moulure et de la sculpture. Nous avons récemment créé des bibliothèques à intégrer dans des boiseries. À Paris, nous venons de démarrer un chantier haussmannien en noyer, ce qui est très rare. C’est une très bonne nouvelle. On espère en avoir d’autres. Il y a ce patrimoine laissé par le grand baron Haussmann qui a transformé Paris et dont l’architecture rayonne dans le monde entier.

Qu’est-ce que cela représente d’avoir reçu le label EPV, Entreprise du Patrimoine Vivant ?

BB : Pour nous, c’est une fierté de faire partie de cette confédération représentant les beaux savoir-faire à la Française.

DES ANNÉES D’APPRENTISSAGE POUR DEVENIR ÉBÉNISTE

Lorsqu’on appelle l’ébénisterie d’art Bruno Bertoli Portes et Boiseries, il est fréquent de tomber sur la propre nièce du patron. Parce que la passion du bois est une affaire de famille, chez les Bertoli. Avec eux, sept menuisiers ébénistes travaillent à l’atelier de Domazan, dans le Gard. L’ébénisterie ne s’acquiert pas en six mois : “il faut des années pour bien l’apprendre. J’ai toujours aimé embaucher des gens pour qu’ils restent le plus longtemps possible dans notre entreprise et avoir une équipe qui perdure dans le temps.”

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